Botanique
L'olivier fait partie de la famille des oléacées.
Le genre est appelé "olea" et
comporte 30 espèces différentes
dont la plus importante est "l'olea europea".
Cette espèce comporte elle-même
deux sous-espèces :
- "l'olea europea silvestris" qui est
un arbrisseau plutôt qu'un arbre et dont
les très petits fruits sont pauvres en
huile;
- "l'olea europea sativa", ou olivier
cultivé, que nous connaissons tous et dont
nous consommons les fruits (olives de table) ou
l'huile que l'on en extrait.
L'arbre
C'est un arbre toujours vert, aux dimensions
et à la forme variables selon son âge.
Les feuilles sont persistantes et ont une durée
de vie de l'ordre de trois ans. Leur face supérieure
est d'un beau vert foncé, luisant, leur
face inférieure est argentée.
Le tronc lisse et de couleur vert de gris, lorsque
l'arbre est jeune, prend peu à peu une
couleur plus foncée; il devient rugueux,
tourmenté et se crevasse avec l'âge.
Sa circonférence, qui est en moyenne de
50 a 90 cm, peut atteindre jusqu'a plusieurs mètres
dans le cas de très vieux arbres. Ses puissantes
racines forment sous le tronc une souche très
importante, à 50 ou 70 cm de profondeur,
où s'accumulent les réserves de
l'arbre.
La longévité de l'olivier est légendaire
mais, d'une façon générale,
il est admis que les conditions de production
de l'olivier sont les suivantes :
- de 1 à 7 ans : période d'installation
improductive ;
- de 7 à 35 ans : c'est la période
de la croissance proprement dite et l'on constate
une augmentation progressive de la production
;
- de 35 à 150 ans : période de maturité
et de pleine production ;
- au-delà de 150 ans : l'arbre vieillit,
son rendement devient inconstant et décroissant.
Les fleurs
Selon les pays, la floraison de l'olivier se
situe entre avril et juin. Les fleurs, petites
et d'un blanc verdâtre, sont réunies
en grappes (de 8 à 25). La floraison est
abondante, mais seules quelques fleurs seront
fécondes. Ainsi une centaine de fleurs
ne donneront qu'une à cinq olives...
Les fruits
Dés juin, commence, pour les fleurs fécondes,
la " nouaison ", époque qui voit
naître les jeunes olives. A peine grosses
comme des têtes d'épingles, les "
drupes " charnues vont peu à peu grossir
: la pulpe va se gonfler et le noyau se durcir.
L'olive atteint sa taille normale en octobre.
La maturation, plus ou moins rapide selon les
espèces, s'effectue en trois étapes
: les olives sont vertes avant véraison,
violettes ("tournantes") au début
de la véraison et noires, à maturité
complète.
L'olivier, un arbre millénaire
Le berceau de l'olivier fut vraisemblablement
l'Asie Mineure et sa naissance se perd dans la
nuit des temps : nos lointains ancêtres
de la Préhistoire ont connu l'olivier (sa
présence est prouvée en Afrique
au paléolithique supérieur).
Cet arbre tient une grande place dans les textes
les plus anciens.
Présent dans la Mythologie grecque, c'est
l'arbre divin, chéri par Athéna,
déesse de la paix et de la sagesse.
Dans la Genèse, la colombe de Noé
rapporte dans son bec un brin d'olivier, symbole
de paix. C'est aussi l'arbre saint, présent
au jardin de Gethsémani, lors de la Passion
du Christ. 6000 ans avant Jésus-Christ,
les terres autour de Jéricho portaient
des oliviers sauvages : de leurs petits fruits,
on tirait une huile très fine.
Plus tard, lors de la XIXe dynastie égyptienne
(l 500 ans avant Jésus-Christ) les oliviers
poussaient déjà dans les oasis libyennes
et dans les iles de la Mer Egée (Crète,
Cyclades, Sporades), gagnant peu à peu
la Grèce.
La France, et plus précisément
la Provence, ne fait connaissance avec l'olivier,
introduit par les commerçants phéniciens,
que vers 815 avant Jésus-Christ. Mais ce
sont surtout les Grecs qui, il y a vingt-cinq
siècles, implantèrent vraiment cet
arbre dans le Sud de la France, en Italie, en
Sardaigne et en Sicile.
En Afrique du Nord, la culture de l'olivier existait
déjà avant la venue des Romains,
mais ceux-ci contribuèrent considérablement
a son développement. Ils en étendirent
la culture à la totalité de leur
empire.
Au XVIe siècle, les conquérants
espagnols et portugais firent connaître
l'olivier aux Amériques. Il gagna peu à
peu le Pérou, le Chili, l'Argentine, le
Mexique et les Antilles, puis la Californie.
Depuis, l'olivier n'a cessé de croître
de par le monde, là où les conditions
climatiques le permettent. Sa culture s'est étendue,
après les pays d'Amérique Centrale
et du Sud, à l'Afrique du Sud et à
l'Australie, au Japon et même à la
Chine...
En France l'olivier se plaît dans les régions
du Sud-est, en Provence, sur la Côte d'Azur,
en Corse, mais aussi dans le Languedoc et la Basse
Vallée du Rhône.
Culture
L'olivier, arbre robuste, se contente de sols
arides et pauvres et craint les terrains trop
humides. Il s'accommode de la sécheresse
et croît dans les pays à climat méditerranéen
car il aime la lumière et la chaleur. La
température moyenne annuelle doit être
comprise entre + 15° C et + 20° C. Toutefois,
l'arbre a besoin, pour fructifier, d'être
exposé, pour une courte durée, à
de basses températures.
Cependant, de nos jours, les exploitants entourent
leur plantation de soins assidus afin d'en améliorer
le rendement. Les labours d'été
et d'automne conservent un sol meuble et aéré
et éliminent les plantes adventices. En
automne, et, de préférence, au printemps,
on procède à une fumure qui apporte
à l'arbre un complément de matières
nutritives.
Tous les ans, ou tous les deux ans, on taille
l'olivier, contribuant ainsi au maintien d'une
charpente robuste et équilibrée.
Cette opération qui s'effectue, en général,
dés la fin des froids hivernaux, peut être
une "taille de formation" qui donne
son port à l'arbre, une "taille de
fructification" au cours de laquelle on élague
les gourmands ou les branches mortes, ou encore
une "taille de régénération"
nécessaire après un gel ou un incendie.
Les exigences de l'olivier en eau sont minimes.
Cependant, il réagit très bien a
une irrigation faite à bon escient et en
quantité raisonnable. Ainsi, dans les régions
les plus déshéritées et durant
les périodes les plus sèches, l'irrigation
accroît sensiblement le rendement.
Récolte
C'est en hiver que l'olive atteint sa pleine
maturité. Selon les pays, la récolte,
qui dépend de la variété
d'olive ainsi que de l'usage qu'il en est fait,
a généralement lieu de septembre
à février. Ainsi, l'olive verte
de table est cueillie dés septembre, alors
que les olives noires de table et les variétés
à huile se récoltent à pleine
maturité, a partir de décembre.
Les méthodes de récolte sont restées
les mêmes depuis la plus haute Antiquité.
La plus classique consiste à cueillir les
olives une à une. Les cueilleurs se servent
d'un panier où ils déposent les
fruits et d'échelles doubles pour atteindre
les branches hautes. Pour les très hautes
branches, on pratique Ie gaulage. Dans ce cas,
on étend au pied de l'arbre des bâches
ou un filet. Un bon cueilleur peut récolter
de 60 à 240 kilos d'olives par jour.
Cependant, la cueillette manuelle étant
une opération de plus en plus coûteuse
en main d'oeuvre, des procédés de
récolte mécanisée sont à
l'essai (machines vibratrices et ramasseuses).
Mais ces méthodes ne peuvent s'appliquer,
pour le moment, qu'aux olives de table noires
et aux olives à huile. En effet, les olives
vertes sont excessivement fragiles et nécessitent
une manipulation très délicate.
L'olivier n'atteint souvent un bon rendement
qu'à partir de sa vingtième année.
Le rendement de l'arbre, variable en fonction
de sa grandeur et des conditions climatiques,
peut aller jusqu'à 300 kg d'olives par
an... Mais, d'une façon générale,
un olivier cultivé produit en moyenne de
20 à 30 kg d'olives chaque année.
Qu'il s'agisse d'olives de table
ou d'olives à huile, il est recommandé,
pour les acheminer vers les moulins, de les transporter
dans des cagettes de 25 a 30 kg, doublées
de matière plastique moulée ajourée
afin de protéger les fruits. A moins de
disposer d'un équipement frigorifique spécial,
les olives doivent être transformées
au plus tard le surlendemain de leur cueillette
mais de préférence Ie jour même,
afin d'éviter toute fermentation qui serait
nuisible au goût.

